Le Mystère de la Dame blanche

 

     La Dame blanche est un fantôme qu'on rencontre souvent dans les légendes. En général les Dames blanches sont très souvent "gentilles", elles s'occupent des enfants et aident les vivant. Ce n'est que de manière exceptionnelle qu'elles commettent un acte terrible. En Slovaquie, nous pouvons même les rencontrer dans le Vieux Bratislava, et au Château de Bojnice. Elles sont partout, tout simplement. Mais la Dame blanche de Levoca est extraordinaire, elle n'a jamais hanté aucun lieu. Elle n'est qu'un morceau de papier, qu'un mot, qu'un personnage littéraire. Voici l'explication compétente de Mr. Pavel Dvorak écrivain et historien passionné.

     En effet, il s'agit de l'histoire de Julia Korponayova qui était l'épouse d'un conseiller municipal à l'époque de l'insurrection de François II Rakocsi contre les Habsbourg. Malheureusement, elle est tombée amoureuse d'un commandant des armées ennemies. Pour lui manifester son amour, elle a fait entrer les soldats de l'Empereur par un passage secret à Levoca. Ce fut un drame pour les rebelles. La Dame blanche, alias Julia Korponayova a trahi sa nation. Dans toute l'histoire magyare elle a été la première femme et l'unique a avoir trahi sa patrie. C'est pour cet acte qu'elle a été condamnée à mort et plus tard exécutée. Et c'est pourquoi, jusqu'à nos jours, on peut la voir errer dans les couloirs de l'ancienne mairie.

     Le phénomène de la Dame Blanche est la création de l'écrivain hongrois Moric Jokai. Il est né en 1825. Il fut l'un des derniers représentants du romantisme mondial. Son roman célèbre commence par une description du tableau célèbre se trouvant aujourd'hui dans la salle de l'ancienne mairie de Levoca.
Le tableau représente la Dame blanche en robe avec une écharpe rouge sur les épaules. Les yeux de la Dame fixent le lointain, d'une main elle appelle et de l'autre elle ouvre la porte avec la clef. Le tableau est très ancien. C'est l'un des ancêtres de la Dame blanche qui l'a peint au début du siècle.
     L'historien Pavel Dvorak a réussi à découvrir que ce n'est pas vrai. La Dame blanche de Levoca est l'oeuvre de trois personnes. De Jokai et de Kalman Tali. Ce dernier est né en 1839. C'était un historien très important. Il a été président de la section d'histoire de l'Académie hongroise des sciences et président de l'Association d'histoire hongroise. Tali a vécu et travaillé à Pressburg (Bratislava). Le grand public le connaissait grâce à ses romans. Certains, jaloux de lui, l'ont accusé de déformer l'histoire. Ce n'est pas complètement vrai. Il enjolivait les faits.
     C'est Kalman Tali qui dans les anciens documents a trouvé l'histoire de Juliana Korponayovaa et l'a proposé à l'écrivain Moric Jokai. L'époque du romantisme en Europe se caractérise par une vague importante de renaissance nationale. Etant romantique par dessus tout, par le biais de son roman, Jokai soutenait le patriotisme hongrois. Par amour, la belle comtesse a trahi sa nation. L'historien Tali et le romancier Jokai, pour faire de ce fait une histoire exemplaire, ont invité une troisième personne. Viliam Folberger.
Viliam Folberger était peintre. Il est né en 1848, il était donc le plus jeunes des trois. Il enseignait à Levoca. Mais l'art, la peinture, l'attirait tout particulièrement. Il adorait les paysages, les Tatras tout particulièrement. L'Albertinium viennois, l'un des musées les plus importants d'Europe, a acheté ses tableaux encore de son vivant.
     Le peintre Folberger était donc de plus de 20 ans plus jeune que Tali et Jokai. Son tableau de la Dame blanche de Levoca est né du roman de Moric Jokai et non le contraire. Ce n'est pas le roman qui est né du tableau.
     L'histoire de la Dame blanche de Levoca est l'histoire de Julia Kopronayova qui a fait entrer dans la ville l'armée impériale à l'époque de l'insurrection de François II Rakoczi. Les généraux rebelles ont profité de l'absence de Rakoczi dans la ville pour signer, à l'aide de la comtesse, la paix. Plus tard, la noble Dame de Levoca a été accusé d'avoir aidé la nouvelle vague de révoltes contre les Habsbourg. A la base de ces accusations, des faits ambiguës. En 1714 elle a été exécutée à Gyor.



(source : Radio Slovakia International)